Mon chat respire difficilement

Irvine est un chaton femelle de 5 mois qui arrive à la clinique. Elle est de race Savannah -un futur grand chat de 8 à 14kg. Les Savannah sont parmi les plus grands chats domestiques du monde. Ils descendent d’un croisement entre le Serval et le Siamois. Malheureusement, cette belle minette est gravement malade.

Suspicion de PIF

Elle a été acquise il y a 2 mois, en bonne santé, dans un élevage sérieux. Cependant, depuis 8 jours, elle présente de l’anorexie et de l’apathie. Et depuis 2 jours, elle respire difficilement. Elle est jeune. Quelles sont les maladies suspectées? Une tumeur? Cela semble peu probable. Une insuffisance cardiaque, un peu jeune quand même. Une infection semble plus probable. L’idée de la PIF (Péritonite infectieuse féline) se précise. J’oublie de dire que ce chat a été acquis par un autre éleveur et que depuis 15j, de nombreux problèmes sont apparus dans son élevage dont de la mortalité.

Premiers examens

Nous décidons de l’hospitaliser, sous oxygène, en compagnie de sa petite copine Orientale pour 24h. Le lendemain, nous réalisons une radio: sans surprise, il ne reste plus beaucoup de place aux poumons pour respirer. Le thorax est envahi de liquide qui comprime les poumons et explique la respiration abdominale de notre petite minette. Ces moments de manipulation sont très délicats car elle peut présenter un arrêt cardiaque très rapidement. Nous sommes vigilants et la manipulons avec beaucoup de douceur mais le stress est quand même présent. Tout peut arriver.

Il faut la soulager

Après discussion avec le propriétaire, il est décidé que malgré les risques anesthésiques, il faut que nous intervenions pour la soulager. Nous souhaitons effectuer une thoracocentèse et prélever du liquide pour analyse. Nous la laissons sous oxygène avant de la tranquilliser. Puis, les premières piqûres sont faites dans le calme. Nous attendons qu’elle soit relaxée et nous l’anesthésions. Tout se passe bien mais au bout de quelques minutes, des signes inquiétants apparaissent. Son cœur s’arrête! Aussitôt, nous pratiquons un massage cardiaque et lui injectons de l’adrénaline, mais il est trop tard. Notre pauvre minette décède.

Confirmation de la PIF

Afin de confirmer notre suspicion de PIF et pouvoir conseiller le propriétaire par rapport à ses autres chats, 2 prélèvements sont réalisés. L’un est envoyé pour une cytologie et l’autre pour une analyse PCR (pour détecter le virus). La première analyse révèle un « épanchement de nature inflammatoire mixte macrophagique et neutrophilique majoritaire, sans agent étiologique repéré, sans signe formel de malignité repérable« . La seconde analyse conclue que « la charge virale de coronavirus félin détectée dans l’épanchement est fortement compatible avec une Péritonite Infectieuse Féline« . Ces analyses nous permettent donc, avec l’ensemble des symptômes observés, de nous orienter vers cette grave maladie qu’est la PIF.

Mon conseil: si vous achetez un chat pour une introduction dans un élevage, une quarantaine est indispensable. Cela permet de protéger votre élevage et d’introduire progressivement, avec le moins de stress possible, le nouvel arrivant dans son environnement. Il est nécessaire dans ce cas, de passer d’une zone à l’autre en portant des vêtements différents et en se nettoyant et en se désinfectant.

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Auteur: Cyril Berg

Passionné par les animaux depuis l'âge de 5 ans, j'ai eu la chance de pouvoir continuer mes études pour devenir vétérinaire en 1998. J'ai pratiqué dans différents endroits de France pendant 4 ans avant de m'installer définitivement en médecine générale. J'ai travaillé pendant 2 ans pour la presse vétérinaire. En 2012, j'ai décidé de ne me consacrer plus qu'aux chats. J'ai créé la clinique vétérinaire Mon Chat et Moi qui leur est réservée, en élaborant des services dédiés, avec une équipe passionnée de chats.

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